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lundi 20 juillet 2009

On a raison d'avoir tort...


...Ou bien tort d'avoir raison...

J'ai donc poursuivi la lecture de "nous étions des passe-muraille"....S'est confirmé mon intuition d'une non narration... Le livre est véritablement écrit comme un long poéme adolescent... L'héroïne qui anime le narrateur fou d'amour n'existe guère que comme un fantôme. On ne sait trop s'il l'aime parce que'elle est aimable où si elle vient cristalliser un désir d'amour fou parce qu'elle est plus fragile, diaphane, qu'une héroine de conte de fée...Elle ne tient pas debout pour ainsi dire , Sarah, et Jean est fort et maladroit, il veut la porter à bout de bras...Que nous raconte l'auteur, Une histoire d'amour ou bien une co-dépendance d'adolescents abîmés...Lui se sent laid et lourd, double d'un frère mort dont ses parents ne font pas le deuil, malgré sa grande carcasse il ne se sent pas exister . La fragilité de Sarah le révèle vivant... Et il devient accro à cette vie de secours...Que sait-on de Sarah qui pourrait nous la rendre aimable et nous eprsuader de l'aimer autant que l'aime jean, Qu'elle aime la bonne littérature, qu'elle n'a pas faim, qu'elle aime David Bowie, que Berlin lui manque, qu'elle a connu l'est et l'ouest et veut y retourner.
C'est l'histoire de la perte des illusions d'une adolescent qui croyait que l'amour pouvait sauver une jeune fille de son profond désir d'en finir, de s'effacer du monde... Il ne s'en remettra pas. Portant sa vie durant le deuil de cette apparition dont il doute parfois de l'existence.
C'est une poésie tragique adolescente....Il est vrai qu'elle semble interminable. J'ai hâte de connaître la réaction de son public, de ses lecteurs.... Bien sûr c'est un livre qui me laisse sur ma faim, incantation sans réel contenu, sans progression réelle puisque l'on sait dès le départ cette fugue vers Berlin la mythique Berlin vouée à l'échec...Jean qui a cru changer son destin en aimant de façon obsessionnelle et inconditionnelle, s'est consummé, et même devenu homme n'a pas fait le deuil de cet espoir déçu de quelque chose de plus grand que la vie... C'est un romantisme absolu au sens réellement littéraire du terme: les états d'âme et l'amour à mort...
Il y a une innocence qui a fini par me toucher....Je regrette seulement la lenteur, et l'incursion très brève dans le drame de l'accident qui défigure le bel ami de Jean. C'est à peine effleuré, cette perte de visage. Peu de description propre à nous emmener dans la fantasmagorie de l'héroine... On nous parle de sa beauté, mais je n'ai pas réussi à aimer Sarah, à la voir exister...Peut-être n'est-elle qu'une projection d'un rêve assexué que je n'imaginais pas roder ainsi dans l'esprit d'un adolescent en plein éveil de sa sensualité....C'est un roman qui parle de la mort, de rock'n roll, de fugue, de lâcheté, d'inconscience, de maladie mentale... Pourtant la noirceur réelle des situations n'affleure jamais. Jamais n'est aussi le mot "mort" . C'est rès light comparé à certains roman de la même collection...On dirait une roman d'adolescente gtohique...Je sens l'hommage à cet auteure décédée dans ma jeunesse d'anorexie, qui avait écrit un merveilleux livre "le pavillon des enfants fous" et puis un autre, ou deux jeunes partaient vivre leur utopie communiste à berlin Est. Valérie Valère. Oui, pour moi, l'ombre de Valérie Valère planne. Cette critique va sembler dure. Pourtant il y a quelque chose de beau dans ce livre. Et le dernier chapitre est poignant , évoquant l'adulte. N'évitant certes pas les clichés , mais les transcendant peut-être. On se dit que cet auteur devra faire un choix. De public, notamment, car je ne sais au juste quel message porte son ouvrage aux adolescents à qui il est destiné... Peut-être simplement le goût de la poésie comme alternative à la douleur. Ce n'est peutêtre déjà pas si vain. Peut-être cet auteur devra-t-il peut-être aussi s'incarner dans la chair des personnages, esthétisant moins ses influences grandioses pour se mouiller davantage personnellement, dans la sueur, la chair et le sang qui son corrollaire sdu désespoir car si Sarah nie le corps, son existence matérielle, pour autant on n'y voit pas son esprit ni les fulgurances, et Jean a du mal à s'incarner dans son lourd corps encombrant, qui ne semble irrigué d'aucun fluide corporel....Ne pas co;nfondre pudeur et pudibonderie, peut-être....

Voilà pour la lectrice.
L'éducatrice spécialisée, susceptible de conseiller telle lecture à un public d'ado en déroute, qu'en pense-t-elle, elle,
A quel profil adolescent conseillerait-elle ce livre?
Et bien là, de nouveau, je suis bien ennuyée.
Je ne pourrais conseiller ce livre qu'à quelqu'un dont l'univers est si lisse qu'il s'ennuie et désire s'initier aux affres du doute, quelqu'un quelqu'une qui ne risque pas de sombrer dans la même sublimation que le héros.
Il faut que j'y réfléchisse. Seul un adolescent qui va bien peut lire ce livre sans y laisser des plumes je pense. Ce n'est pas une ode au courage, car dans ce livre le courage n'est pas récompensé. Il n'y a pas d'espoir. Il n'y a que le constat de la perte et la conclusion qu'on ne s'en remet pas.....C'est un livre pour adolescents avec une morale résignée d'adulte un peu vieilli, en somme!!!
Et en même temps, c'est un livre assez réaliste sur les états d'âmes et la noirceur qui peut saisir les jeunes à l'adolescence, ce vertige existentiels, ces espoirs fous qui sont sans cesse déçus...

2 commentaires:

Le Scribe du Rock a dit…

on voit bien, au travers de ta passion pour les textes ici présentés, que la littérature jeunesse a énormément évolué ces dernières années. On y trouve une qualité qui attire de plus en plus d'adultes. Cette littérature autrefois "légère" est en train, à l'instar du roman de genre, d'écrire ses lettres de noblesse...

Anodine Gloomenstein a dit…

Merci beaucoup pour ton commentaire!
Oui, il semble que la littérature jeunesse ait évolué en fonction de l'époque, des préoccupations liées à la nécessité de se trouver une identité forte, de se faire une place dans la société qui apparaît comme plus hostile... Et la sexualité, à priori plus précoce, amène aussi des thématiques qu'on ne trouvait pas, alors, quand les jeunes filles lisaient les soeurs Brontë , ou bien Alice détective! :)
Le décalage est tel que je l'avoue sans sans honte, certaines lectures ado actuelles sont tout à fait agréables à lire pour une femme adulte!
D'ailleurs, bien que ce ne soit pas du tout la littérature qui m'intéresse, lon a vu que la série Twilight touchait la génération des 25 trente ans...C'est à dire, pour simplifier, des jeunes femmes qui le plus souvent sont déjà maman, mais se retrouvent dans ces aspirations sentimentales empreintes d'absolu!!
Le cinéma correspondant à cette littérature est aussi très riche d'enseignement sur l'état d'esprit et les demandes de ces jeunes lecteurs....
Ce qui m'intéresse c'est de savoir dans quelle mesure ces choix de lectures correspondent à des choix de vie et quels lecteurs seront-ils demain...Car certains sont de vrais dévoreurs de livres bien sympathique....
Représent-tils le prochain vivier de féconds lecteurs, peutêtre même y'a t-il parmi eux de nombreux futurs écrivains?
J'y mets beaucoup d'espoir je l'avoue....
Ce serait très interessant que tu me donnes un point de vue "masculin" sur la question...