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vendredi 6 novembre 2009

CITATION


Un grand nombre de mes livres m'ennuient. Ma foi, ce ne sont pas les bons, comme par exemple, les soi-disant "livres pour enfants". Ces livre sont une insolence! Comment? On ose donner à des enfants des livres qui ne dépassent pas leur horizon? Il ne faut pas parler un langage d'enfant aux enfants, c'est infantile. Moi qui suis aussi une enfant, je déteste les enfantillages.
Robert Walser in la petite berlinoise in RETOUR DANS LA NEIGEISBN 978 2 7578 0067 6

dimanche 18 octobre 2009

Breve de Polar à Cognac


Ce week-end, se déroulait le mythique salon " Polar and Co" de Cognac. Le prix polar jeunesse a été décerné "Rouge Crime".


Ne l'ayant pas encore lu, je vous recommande d'aller vous enquérir du résumé qu'a fait Sophie Pilaire sur Ricochet-jeunes.org.

Paru aux éditions flammarion en juin 2009, ce livre de l'auteure Mary Hoffman comprend 387 pages et coûte environ 13 euros.

Bonne fin de week-end!


vendredi 16 octobre 2009

A la rencontre des ados de la Chine de Mao


La vie en rouge est un beau roman écrit par Anne Thiollier, paru chez Scripto (Gallimard jeunesse).


On y suit l'évolution et la construction identitaire de deux adolescents chinois issus de classes sociales différentes. L'un issu d'une famille d'intellectuels rentrés de l'étranger pour participer à la révolution culturelle en laquelle ils mettent tous leurs espoirs d'une société meilleure, l'autre d'un milieu modeste.
Nous découvrons l'enthousiasme des débuts malgré les sacrifices et la vie dure, en parallèle des découvertes sur eux même que font les deux protagonistes. Lui a un esprit scientifique et commence par se satisfaire du pragmatisme de la tâche ouvrière qui lui est assigné, elle est portée par l'esprit collectiviste et l'amour de la danse.

Peu à peu le doute s'installe, l'enthousiasme se fissure. Pourtant Anne Thiollier qui connaît bien la Chine dont elle parle pour y avoir vécu, ne porte aucun jugement d'ordre idéologique. Elle s'attache avant tout à nous peindre les émois de Taisen et Gangming, leur vitalité et les stratégies qu'ils déploient pour s'approcher de leurs rêves dans une réalité sociale particulière.

Ce roman , outre le mérite de nous raconter une belle histoire dont les héros sont attachants, de nous plonger dans une culture méconnue, a aussi celui d'être édifiant aussi d'un point de vue historique.

L'écriture est limpide, c'est une peinture délicate et sans emphase. Facile à lire donc, dès treize ans, mais selon peut être aussi conseiller selon moi à de bien plus grands, voire aux mamans des adonaissants!

281 pages
10,50 euros.
ISBN 978-2-07-062136-1

lundi 24 août 2009

L'enfulte chine à granville


La grande braderie de Granville nous barrait l'accessibilité à la plage, il fallut bien jeter un oeil distrait et patient sur les étals des particuliers livrant ainsi leurs vieilleries à nos yeux affamés d'iode et de sable, les cheveux à demi-emmêlés déjà par l'excitation et le temps magnifique qu'il faisait. Livres, joujous anciens (voir les yeux exhorbités de mon cher et tendre devant le bâteau playmobil ....)

Bref, voilà t'y pas que je tombe sur la collection de bibliothèque verte d'une dame à peine plus âgée que moi....
Et j'ai pris les Hector Malo, vestiges affectifs sinon véritablement littéraires (je n'ai que peu de souvenir de l'histoire, seulement du contexte!): en famille, tome I et II.
Me voilà donc alourdie de ces petits bagages imprévus pour aller jusqu'à la plage...

Heureusement, mon mari n'a pas succombé et n'a pas acheté le bâteau playmobil....

Ha, je vous jure, quelle vie d'enfulte!!!!!

mercredi 5 août 2009

Sondage " lectures ado-naissantes": quelles lectures vous ont nourri (ie)

Commencer un blog en été n'est pas forcément la meilleure idée possible en termes de communication. Mais l'envie ne commande pas!


Alors voilà, j'ai ouvert ce blog consacré à mon voyage perso dans les méandres de la littérature jeunesse, essayant d'apporter une petite note personnelle au delà des bouquins didactiques destinés aux profs des écoles, c'est arrivé comme ça, d'un coup!!!
Je n'ai pas réfléchi à la saison, ni l'opportunité d'une telle aventure...N'écoutant que mon enthousiasme!
Tout ça pour dire que le sondage que j'ai fait pour connaître mieux vos goûts et votre passé de lectrice, lorsque vous étiez ado et "naissante" s'est terminé trop tôt pour que les réponses apportées m'amènent à un panel de pistes "significatives" me permettant de mieux connaître la relation des "enfants-adultes" (enfultes, sisi j'y tiens!!!!) à la littérature jeunesse, les premiers émois de lectrices/lecteurs....
Je remercie donc celles et ceux qui ont participé, et envisage de le relancer à la rentrée, ce sondage, histoire de voir si ça mord.....
`Je vous dis donc à très bientôt et vous souhaite:

Bonnes vacances aoutiennes!!!!!!

lundi 27 juillet 2009

Sexy


Joyce Carol Oates est une grande dame et le fait qu'elle "produise" beaucoup n'est pas dommageable à son talent. Dans son journal récemment paru en français, son obsession pour la littérature achèvera de convaincre de sa sincérité et de son talent immense. Comme beaucoup de grands déjà reconnus, elle s'est essayé aussi à la littérature jeunesse:

-Nulle et grande gueule
- Zarbie les yeux verts
- Sexy

En ce qui me concerne, c'est par Sexy que j'ai décidé de commencer. C'est un objet littéraire étrange et sans compromis sur un sujet délicat. Le héros est un jeune homme qui ne s'haitue guère à ce que sa beauté lui confère un statut spécial auprès des adultes de tout sexe.... Il suscite le désir et sesent mal à l'aise avec les avantages que cela lui amène. Lui est troublé par les changements qui s'opèrent dans son corps. Il fait partie des jeunes sportifs enviés au lycée, mais ne brille pas d'un point de vue proprement intellectuel. Aussi quand le professeur de lettre, pourtant réputé pour sa sévérité, lui propose de refaire un devoir qu'il a raté, il pressent le sens de ce privilège, le refuse et bien que le professeur en question ne s'abaisse pas à lui faire des avance, le jeune homme n'a de cesse d emettre de la distance à tous points de vue entre lui et cet homme. Quand le club des sportifs complote pour se venger de la disgrâce (une mauvaise note) de l'un des leurs auprès de ce professeur, notre héros est confronté à la fois à la pression du groupe, aux préjugés contre l'homosexualité, et à ses propres choix en terme d'intégrité, d'honnêteté.... Le drame sourd et je ne peux raisonnablement vous en dire plus...
Magnifiquement écrit, le récit est prenant et même dérangeant car Madame Oates a ce talent étrange pour dévoiler les aspects de l'âme sous un angle à la fois intime et particulier. Roman jeunesse? Un très beau roman. Tout simplement....

Sexy
Joyce carol oates
chez Gallimard jeunesse collection "scripto", 2007
223 pages

samedi 25 juillet 2009

Presse de littérature pour ado-naissant


C'est la tranche 10-15 ans que vise le magazine Virgule.

Pourtant, si vous y jetez un oeil vous constaterez que le niveau vole assez haut question culture générale.... C'est donc un magazine destiné à la première partie de l'adolescence qui peut cependant contenter des jeunes au delà de 16 ans pour les "booster" (ciel de l'engliche, mais elle est folle cette fille-non moi j'assume le multipotisme 21ème sans complexe et vous?) en français et donner ou affirmer un goût pour la lecture, le mot et la chose "connaissance" en générale!
A priori, pour les "jeunes" surtout les jeunes filles, on passe tout de suite au magazine "Muze" qui est de plus en plus lu par des femmes de tous âges, à priori, pour la qualité de ses dossiers thématiques et ses numéros spéciaux notamment.....
Récemment, par exemple, en visitant des blogs littéraire une lectrice avouait avoir découvert la formidable Carson Mac Cullers grâce au dernier numéro spécial de ce magazine!

vendredi 24 juillet 2009

VIVA BOOSTERBLOG !!


http://www.boosterblog.com



Be safe de Xavier-Laurent Petit (collection medium/l'école des loisirs) à partir de 14 ans


Ce roman, écrit en 2007 par Xavier-Laurent Petit, nous narre les aventures d'un jeune américain du nom d'Oskar. Avec son frère Jeremy ils ont monté leur groupe de rock et rêvent de fouler les planches. Mais voila qu'arrive l'imprévu, Jeremy signe avec l'armée dans l'espoir de décrocher un job de constructeur de ponts. Oskar en reste bouche bée. Durant l'absence de son frère, il va tomber amoureux de Marka, jeune chanteuse avec qui il fait désormais de la musique...De là, va suivre une histoire pleine de suspense et d'angoisse, surtout quand Jeremy finira par partir au front.


Une bien belle histoire, qui nous rappelle le meilleur du cinéma hollywoodien à messages. Un texte trés bien écrit, abordable pour un jeune à partir de 14 ans, tout en sachant qu'il y a quelques scènes un peu dures. Encore un de ces textes qui nous rappellent que la littérature "jeunesse" est avant tout une littérature à part entière. Passionnant, profond, émouvant et instructif...

Petrus Evakolaps

mercredi 22 juillet 2009

CAMPUS





Voilà, le jourd'hui est celui où je me parjure!

J'avais bien dit, pourtant: pas de littérature ado américaine!
Et bien j'ai changé d'avis, tout bonnement...
Pourquoi, Parce que si je suis honnête, ce qui m'a intriguée et amenée à m'intéresser au phénomène de la littérature jeunesse, après le succès de Harry Potter lors de ma première vie, alors que fraichement formée pour devenir libraire, je me suis retrouvée à travailler dans une grande surface de "produits culturels", et "la bibliothécaire" de Gudule, c'est tout de même certains succès de langue anglaise, et notamment la passion de ma nièce pour une certaine histoire de vampires amoureux (alors qu'elle avait largement dépassé l'âge de prescription dite "adolescence").....
Donc je ne serai pas ingrate. Et comme autrefois, rassasiée de films d'auteurs, je me suis dit que j'allais voir un peu du côté d'Hollywood si vraiment tous les block busters étaient si mauvais que cela, je vais commencer par me faire mon avis moi même au lieu de donner dans le procès d'intention!
C'est donc sur ces bonnes dispositions que j'ai aujourd'hui commencé "Campus", dont je vous parlerai prochainement.
Ce n'est pas un livre de la collection "medium" de l'école des loisirs!!!!

Campus 1: bienvenue à Easton
l'accroche prête à sourire, typiquement américaine: Tradition, honneur, excellence...et secrets inavouables.....

Il s'agit de la lutte d'une adolescente de classe modeste, boursière, pour intégrer le groupe de leaders (future élite féminine de la nation américaine!) d'une école où elle a déjà eu grand mal à trouver sa place pour s'assurer pense-t-elle, un avenir radieux (c'est à dire une belle carrière au sommet de l'échelle sociale). Bien que paru en 2008, ce livre est encore en facing en grandes surfaces de produits culturels et en librairies jeunesse. Le roman en lui même compte 315 pages. C'est un ouvrage qui ouvre une série, dont la suite est d'ores et déjà parue (la même année que l'opus 1, rendement oblige!-oui je sais, je suis de très mauvaise foi...). Il est paru aux éditions Bayard Jeunesse. La quatrième de couverture stipule: à partir de 14 ans.

mardi 21 juillet 2009

Tout amour est extraterrestre


(...) N'empêche que mon idée fixe est de voir enfin et pour de vrai, cet organe viril que la bande de sorcières de chez moi s'acharne à décrire en (plus ou moins) long et (plus ou moins) large -en action ou en absence d'action.

Ce n'est pas particulièrement relevé ,si j'ose dire, comme but dans la vie, mais c'est le mien!(...)

Bien sûr c'est une citation "hors contexte", bien sûr c'est l'été.
Si l'adulte a élu l'été saison des amours en bon primate conditionné par l'éclaircie des congés payés et la possibilité chèrement gagnée d'exhiber légalement ses atouts et organes reproducteurs (au moins un véritable avant-goût sous le lycra moulant!) sur la plage, habillé seulement de son beau bronzage, on peut imaginer que dans la marmite à hormones adolescente, le bouillon atteint sans problème l'ébullition...Donc lecture d'été aussi, drôle, légère, mais pertinent, ce "tout amour est extraterrestre" de Susie Morgenstern et Alain Grousset....

Les éditions? Sob...Encore l'école des loisirs (medium)

Promis je vais faire un effort...

A mon rythme imposé d'un livre par jour (en plus de mes lectures traditionnelles), moi en revanche, j'ai un sérieux alibi pour ressembler à un fromage blanc à la rentrée!!!!
Mais je suis une adulte, je suis sensée être au dessus de tout ça, n'est-ce pas?

Je reviens donc à mes moutons "tout amour est extraterrestre". Sorti en mars, c'est un livre de 137 pages écrit à quatre mains par la célèbre Susie Morgenstern et Alain Grousset dont le nom pour l'instant je le confesse, ne me dit strictement rien! C'est l'histoire de Pauline, adolescente élevée par ses deux grand-mères et sa mère, toutes trois célibataires et assez remontées contre le genre masculin. Un jour, Pauline s'aperçoit qu'elle a plus de poils aux pattes que d'ordinaire. C'est donc à ce signe que sa bande de "mères" comme elle l'appelle, va choisir de lui révéler le scoop du siècle: son père est un être de lumière (extra-terrestre), et au titre de créature semi-martienne, le temps est venu pour elle de changer de sexe!
Pauline devient donc Paul. A partir de là, notre "ado-naissant" va se faire kidnapper par des mutants vieillissants (première génération d'hybrides, guettés par l'hubris mais heureusement moins performants que nos jeunes amis "dernier modèle à injection"), découvrir les joies de l'amour en tant que garçon, apprendre à maitriser ses pouvoirs, rencontrer son père le temps d'une leçon de sagesse et le temps d'être rassuré sur le fait que sa conception s'est passée dans les bras de l'amour, choisir entre le bien et le mal et enfin faire un choix entre son identité sexuelle de fille ou de garçon!
Je ne vous dirai donc pas quelle option P. va choisir, suspense oblige!

Vous vous en doutez, autant d'événements en 130 pages et des brouettes, le rythme est effréné, et on ne s'apesantit pas sur les états d'âmes de nos héros! Il s'agit d'une sorte de téléfilm paginé qui passe de moi Angela, à Heroes en 2 secondes! C'est donc bel et bien un petit roman de divertissement, très bien pour des lectures d'été à la plage. La première partie m'a semblé assez insipide, comme hésitant entre deux genres (hé oui, ce n'est pas un jeu de mot!) mais la suite assez enlevée remplit bien sa mission. Rien à voir avec l'humanisme pédagogique d'une Marie-Aude Murail ou le romantisme de Jean-Noël Sciarini, bien sûr. C'est un autre terrain qui est abordé ici, purement ludique. Malin mais léger.
Me voilà donc en présence d'un nouvel objet propre à la littérature jeunesse que je ne connaissais pas encore: la pure comédie de situation version papier! Visuel, efficace, à conseiller à un ado qui n'aime vraiment pas la lecture: pour dédramatiser...Si votre ado aime à se plonger des heures dans des dilemnes sentimentaux, des questionnements sur le sens de la vie, et se pame devant les adaptations ciné de Jane austen, ou bien le seigneur des anneaux, surtout laissez tomber, ce livre n'est pas pour lui/elle!

Petite note perso: la lectrice trop adulte et trop récemment convertie au divertissement littéraire (sans névroses ni questionnement existentiel cqfd) ne peut être repue de telles lectures. Cependant le sujet, la fantaisie, malgré l'absence de style, m'amènent à envisager de tenter avant découragement la lecture d'autres ouvrages de ces auteurs réputés dans leur domaine.

Si vous êtes curieux, allez voir sur le site perso de la dame Morgenstern, elle est terriblement sympathique!!!!!!

lundi 20 juillet 2009

Butinage

Encore une journée à errer dans les rayons des libraires de la ville.... Les yeux grillés à feuilleter.... L'offre en littérature jeunesse est immense.... Je vais me cantonner sans doute à la littérature française... C'est assez drôle, moi dont les romanciers favoris, en dehors de cette nouvelle passion, sont essentiellement américains ou anglais, voire japonais! Mais les thématiques des collections françaises m'attirent davantage. Plus profonde, plus généreuse, moins commerciales...Bien sûr il y a des exceptions.... Mais je dois absolument me canaliser...Donc, dans un premier temps, je réduis mon champ d'investigation, en amont et en aval.

La tranche d'âge: ce sera l'adolescence.
La tranche géographique: francophonie.
La thématique tournera sans doute essentiellement autour de la construction de l'identité.
Ceci étant dit: il y a-t-il un seul livre destiné aux adolescents qui ne tourne pas autour des stratégies identitaires?
A voir à voir......
Donc aujourd'hui encore je me suis livrée avec délectation à ce butinage de fleurs de librairie.
Et il m'a été très difficile de ne pas revenir chargée comme un âne.
La collection médium de l'école des loisirs doit recouvrir à peu près 80% des tables.... Pour le reste il s'agit des grands succès semi-fantastiques d'origine américaine (la série des Twilight, des Uglies...). Quand il ne s'agit pas de vampires lights, il est souvent question de réussite sociale, de shopping. Ce que ne semble pas couvrir cette collection médium, c'est la littérature fantastique et de science fiction.
(à ce propos, depuis que je lorgne sur les uchronie de Joan Heliott, il est probable que je vais bientôt craquer....)
La mort dans l'âme je n'ai pris que deux volumes, correspondant à mes nouveaux critère. L'un sur le thème de la mixité sociale et l'autre, dont le titre m'a attirée: "tout amour est extraterrestre", histoire d'une ado élevé dans une tribu de femmes, qui m'a semblé intéressant dans son questionnement humoristique sur la place du père dans la maturation de l'adolescente contemporaine....
Peut-être finirai-je par restreindre encore mon sujet à la construction/révélation de l'identité sexuelle.
Bien sûr, on ne se refait pas... Je ne peux échapper à des analyses de travailleuse sociale, observant à la loupe les phénomènes de groupe, de leadership et de conformisme social tels qu'ils sont décrits, analysés, utilisés dans cette littérature jeunesse.... Au moins ça me sort des hsitoires de juge pour enfants, de l'aide sociale à l'enfance, des foyers, de la délinquance juvénile etc...c'est déjà ça....
Tout me conduit à "lecture", j'imagine, du fait de ma formation initiale....
Il faudrait que je parvienne à me souvenir qu'avant de devenir éducatrice, j'ai fait une fac de lettres modernes, que je regarde donc cette objet non comme une poule qui a trouvé un couteau, ni comme un phénomène social, mais comme un véritable objet littéraire...
Bon ça va venir...
Pour l'instant je me fais les dents....

Toute suggestion de lecture, bien sûr est bienvenue....

Suite au prochain numéro.

Lien thématique 1

http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/romans_adolescents/index.html


Un blog extraordinaire, qui découragerait presque d'en tenir un à son tour...Mais ouf, nous ne boxons pas dans la même catégorie....Je peux continuer ma quête modeste et consulter les spécialistes....

On a raison d'avoir tort...


...Ou bien tort d'avoir raison...

J'ai donc poursuivi la lecture de "nous étions des passe-muraille"....S'est confirmé mon intuition d'une non narration... Le livre est véritablement écrit comme un long poéme adolescent... L'héroïne qui anime le narrateur fou d'amour n'existe guère que comme un fantôme. On ne sait trop s'il l'aime parce que'elle est aimable où si elle vient cristalliser un désir d'amour fou parce qu'elle est plus fragile, diaphane, qu'une héroine de conte de fée...Elle ne tient pas debout pour ainsi dire , Sarah, et Jean est fort et maladroit, il veut la porter à bout de bras...Que nous raconte l'auteur, Une histoire d'amour ou bien une co-dépendance d'adolescents abîmés...Lui se sent laid et lourd, double d'un frère mort dont ses parents ne font pas le deuil, malgré sa grande carcasse il ne se sent pas exister . La fragilité de Sarah le révèle vivant... Et il devient accro à cette vie de secours...Que sait-on de Sarah qui pourrait nous la rendre aimable et nous eprsuader de l'aimer autant que l'aime jean, Qu'elle aime la bonne littérature, qu'elle n'a pas faim, qu'elle aime David Bowie, que Berlin lui manque, qu'elle a connu l'est et l'ouest et veut y retourner.
C'est l'histoire de la perte des illusions d'une adolescent qui croyait que l'amour pouvait sauver une jeune fille de son profond désir d'en finir, de s'effacer du monde... Il ne s'en remettra pas. Portant sa vie durant le deuil de cette apparition dont il doute parfois de l'existence.
C'est une poésie tragique adolescente....Il est vrai qu'elle semble interminable. J'ai hâte de connaître la réaction de son public, de ses lecteurs.... Bien sûr c'est un livre qui me laisse sur ma faim, incantation sans réel contenu, sans progression réelle puisque l'on sait dès le départ cette fugue vers Berlin la mythique Berlin vouée à l'échec...Jean qui a cru changer son destin en aimant de façon obsessionnelle et inconditionnelle, s'est consummé, et même devenu homme n'a pas fait le deuil de cet espoir déçu de quelque chose de plus grand que la vie... C'est un romantisme absolu au sens réellement littéraire du terme: les états d'âme et l'amour à mort...
Il y a une innocence qui a fini par me toucher....Je regrette seulement la lenteur, et l'incursion très brève dans le drame de l'accident qui défigure le bel ami de Jean. C'est à peine effleuré, cette perte de visage. Peu de description propre à nous emmener dans la fantasmagorie de l'héroine... On nous parle de sa beauté, mais je n'ai pas réussi à aimer Sarah, à la voir exister...Peut-être n'est-elle qu'une projection d'un rêve assexué que je n'imaginais pas roder ainsi dans l'esprit d'un adolescent en plein éveil de sa sensualité....C'est un roman qui parle de la mort, de rock'n roll, de fugue, de lâcheté, d'inconscience, de maladie mentale... Pourtant la noirceur réelle des situations n'affleure jamais. Jamais n'est aussi le mot "mort" . C'est rès light comparé à certains roman de la même collection...On dirait une roman d'adolescente gtohique...Je sens l'hommage à cet auteure décédée dans ma jeunesse d'anorexie, qui avait écrit un merveilleux livre "le pavillon des enfants fous" et puis un autre, ou deux jeunes partaient vivre leur utopie communiste à berlin Est. Valérie Valère. Oui, pour moi, l'ombre de Valérie Valère planne. Cette critique va sembler dure. Pourtant il y a quelque chose de beau dans ce livre. Et le dernier chapitre est poignant , évoquant l'adulte. N'évitant certes pas les clichés , mais les transcendant peut-être. On se dit que cet auteur devra faire un choix. De public, notamment, car je ne sais au juste quel message porte son ouvrage aux adolescents à qui il est destiné... Peut-être simplement le goût de la poésie comme alternative à la douleur. Ce n'est peutêtre déjà pas si vain. Peut-être cet auteur devra-t-il peut-être aussi s'incarner dans la chair des personnages, esthétisant moins ses influences grandioses pour se mouiller davantage personnellement, dans la sueur, la chair et le sang qui son corrollaire sdu désespoir car si Sarah nie le corps, son existence matérielle, pour autant on n'y voit pas son esprit ni les fulgurances, et Jean a du mal à s'incarner dans son lourd corps encombrant, qui ne semble irrigué d'aucun fluide corporel....Ne pas co;nfondre pudeur et pudibonderie, peut-être....

Voilà pour la lectrice.
L'éducatrice spécialisée, susceptible de conseiller telle lecture à un public d'ado en déroute, qu'en pense-t-elle, elle,
A quel profil adolescent conseillerait-elle ce livre?
Et bien là, de nouveau, je suis bien ennuyée.
Je ne pourrais conseiller ce livre qu'à quelqu'un dont l'univers est si lisse qu'il s'ennuie et désire s'initier aux affres du doute, quelqu'un quelqu'une qui ne risque pas de sombrer dans la même sublimation que le héros.
Il faut que j'y réfléchisse. Seul un adolescent qui va bien peut lire ce livre sans y laisser des plumes je pense. Ce n'est pas une ode au courage, car dans ce livre le courage n'est pas récompensé. Il n'y a pas d'espoir. Il n'y a que le constat de la perte et la conclusion qu'on ne s'en remet pas.....C'est un livre pour adolescents avec une morale résignée d'adulte un peu vieilli, en somme!!!
Et en même temps, c'est un livre assez réaliste sur les états d'âmes et la noirceur qui peut saisir les jeunes à l'adolescence, ce vertige existentiels, ces espoirs fous qui sont sans cesse déçus...

dimanche 19 juillet 2009

Ce qu'on cherche et ce qu'on trouve

Je suis ennuyée....Je suis à la moitié de la lecture de "nous étions des passe-muraille" et je cherche désespérément à m'accrocher à un brin d'originalité....Il s'agit d'une sorte de grande déclaration d'amour. Cela me fait penser à la première considération que l'on peut avoir concernant la littérature jeunesse: une littérature pas assez bien pour les adultes... Est-ce parce que je savais dès le départ que l'auteur ne destinait pas ce livre à un public ado. Jusqu'à présent, les critiques "spécialisés" ont semble-t-il été favorables à ce livre....Il me semble pourtant empreint d'un romantisme ancien matiné d'esprit rock très light... A la moitié du livre les poncifs se sont enchaînnés, on ne voit l'héroine qu'à travers le prisme idéalisé et sublimant des yeux du héros, une complaisance morbide pour le désespoir romantisé....Pourtant l'auteur est infiniment sympathique, par blog interposé, et je n'ai nulle envie de salir un travail qui a l'air sincère... D'ailleurs ici je ne souhaite pas tant me poser en critique que jeter les jalons d'une réflexion sur cette littérature jeunesse et ses impacts eventuels sur le public qu'elle vise.

Je vais donc poursuivre la lecture de ce premier roman et peut-être la seconde partie m'amènera-t-elle d'autres pistes....

samedi 18 juillet 2009

Liste de lecture pour enfulte débutant

K-mille fait son blog, par Cécile le Floch chez Rageot romans
Oh boy! de Marie-Aude Murail chez l'école des loisirs coll.medium
Be safe de Xavier Laurent , même collection que ci-dessus
Nous étions des passe-muraille de Jean-Noël Sciarini même collection que ci-dessus
Du vent dans mes mollets de Raphaelle Moussafir chez j'ai lu (poche)
Les égarements de Lily de Véronique M. Lenormand aux éditions Thierry Magnier

Les raisons de ces choix sont à la fois aléatoires et le reflets de ma quête personnelle. L'école des loisirs est le monument incontournable à qui s'intéresse au sujet. Quant à Oh boy, son sujet touche directement le champ d'exercice de ma profession d'éducatrice: les enfants sans parents. Il semble d'ailleurs qu'à y bien regarder, les thèmes de ces livres soient toujours des thèmes durs, liés à la différence, l'intolérance, la mort, la maladie, le handicap.... Je me dis que tout m'amenais vers ce nouveau pays qu'est pour moi la littérature jeunesse.

Sous la forme très simple de chapitres prenant la forme de post dans un blog tenu par une adolescente clouée dans un fauteuil roulant suite à un accident, K-mille fait son blog est une belle leçon de survie au pays des catastrophes.... Et si tout s'y finit bien (réconciliation des parents en procédure de divorce avant l'accident, solidarité des élèves de l'école, histoire d'amour avec "le plus beau de l'école...") c'est un peu fort mais comment faire autrement, alors que K-mille, c'est un fait, ne remarchera plus jamais?
Je ne peux m'empêcher de songer à la responsabilité que représente le fait d'écrire pour les jeunes...Il ne faut pas leur mentir et leur livrer donc les aspects parfois sordide d'une réalité qui ne l'aura de toutes manière pas échappé, mais ne pas non plus féconder le terrain de la désespérance... C'est dans ce contexte que le rythme romanesque,exigeant scène d'exposition, climax puis résolution des problèmes dans un décors de crise, est le motif et la norme indispensable pour éviter la noirceur délétère autant que le nunuche béat façon Barbie, qui sans doute n'amuserait de toutes façon que des adultes....
Oh boy, de la grande Marie-Aude Murail, est un roman dont les thématiques pourraient sortir d'un Nick Hornby à peu de choses près...Des chapitres certes plus courts, sans circonvolutions et avec peu d'états d'âme ne laissant pas la place à l'ambiguité du message.... Un très beau roman avec des personnage magnifiquement esquissé en quelques traits bien sentis liés à l'expressivité du langage (chaque personnage a ses "manies", ses "expressions") et la description d'une gestuelle très codées laissant peu de place à l'interprétation, mais non dans un but de castration de l'imaginaire du lecteur, au contraire, mais pour assurer je pense la clarté du message: courage, tolérance, injustices.....En effet, dans la vie des héros de ho boy, rien n'est facile.... On y décrit des comportements parfois mesquins, mais tout le monde a des circonstances atténuantes, à part le "bourreau" (personnage secondaire, marie violent battant la voisine)...Parce que vivre est difficile...Parce que la mort n'est jamais loin...Parce que ce n'est pas facile d'être ce que l'on est: surdoué, homosexuel, enfant délaissé, petite fille laide, juge, assistante sociale.....
Voilà donc pour l'instant....
La prochaine fois, je parlerai de be safe, sur le thème de la guerre, de la peur, du deuil.....et de "nous étions des passe-murailles"....Une histoire d'amour sur fond d'anorexie et de désespoir, un roman que l'auteur, à priori, ne destinait pas particulièrement à un public d'adolescents.

vendredi 17 juillet 2009

je fais l'enfulte?

L'enfulte n'est pas un adulescent. L'enfulte est un adulte qui mène une vraie vie d'adulte, avec des responsabilités, des résignations et tout et tout.... Mais l'enfulte cultive sa part d'enfance, celle qui le mène loin, au delà des blocages de l'adulte devant la fantaisie, les réflexes conditionnés, les tabous artificiels... L'enfulte n'a pas peur de danser dans la rue, l'enfulte aime les dessins animés, et n'a pas honte d'aimer les peluches, les poupées ou de lire des mangas.... Pour autant l'enfulte ne fait pas l'enfant..... Ou bien il le fabrique carrément, avec son ventre et tout le reste...L'enfulte sait qui il est....L'enfulte qui lit des romans jeunesse ne court pas après son enfance, il cherche ce qu'il peut transmettre, il s'intéresse au désir des adultes de transmettre quelques outils aux générations en marche....

Voilà donc le manifeste de l'enfulte, crée pour et par moi....Comme un jeu, bien sûr...Car jouer est important, à tout âge...

J'ai très récemment assumé ma curiosité pour la littérature jeunesse. Il y a plusieurs raisons à celà. Mon métier d'éducatrice spécialisée, ma profonde croyance en la fonction thérapeutique de l'imaginaire merveilleusement développée par la lecture.... Mais aussi l'extraordinaire diversité des sujets proposés par cette littérature... L'humilité des auteurs, qui servent la littérature et non leur égo... Mon amour pour la lecture depuis toujours , et l'écriture, aussi, bien que ce ne soit pas le lieu où j'ai décidé d'en parler...
Enfin, ce qui a achevé de me persuader de me lancer dans l'aventure, c'est un livre "dis oui Ninon" et surtout son auteur, Maud Lethielleux, qui dans ses interview conseillait aux personnes qui ont des difficultés à prendre ou reprendre contact àavec la lecture, de commencer par des romans jeunesse. Je n'ai jamais perdu ce contact, j'ai cette chance, mais j'ai compris que mon désir d'amener vers la lecture certaines personnes en difficulté personnelle, en les élevant au delà de leurs complexes, cela deviendrait enfin possible par ce biais là...
Tout a sans doute commencé à la sortie du film "la vague" et au fait que j'ai relu ce roman qu'à l'époque je n'avais pas même songé à classer dans le rayon "littérature jeunesse".
Cette littérature jeunesse, qui n'est ni mièvre ni "facile" mais qui aime son lecteur passionnément, et vient le chercher au lieu de lui imposer une initiation...
Voilà quelques unes des raisons.
Au fil des notes sans doute, d'autres apparaîtront....
Ceci est donc le début d'une aventure personnelle qui j'espère ne le restera pas, en tous cas pas seulement.....
Je viens donc d'achever la lecture de plusieurs romans. Le prochain post sera la liste. Ensuite, commenceront mes "notes de lecture"....
A bientôt!

dimanche 5 juillet 2009

Je m'écris tous les jours, je danse le matin et je chante le soir, j'aime aimer et être aimée, j'aime regarder les gens, je dors d'un sommeil de mutant et je veille des heures dépareillées, j'aime les grandes chaussettes rayées, les animaux poilus et plumés, je nourris des projets, je suis un peu trop gourmande, je micro-blogue beaucoup, je suis une drôle de fille comme toutes les filles....Mon amoureux est aussi mon ami/amant, ma muse et mon pygmalion, le croqué me croque le crocoeur le croquant, j'essaie d'être sa croquante. Je vois la vie comme une expérience, je sais que je ne maîtrise rien....A la fois unique et anodine, je suis Anodine.